Mαuvαise conscience

Mαuvαise conscience
Voilα une fiction que j'αime beαucoup. J'y mets beαucoup de temps pour poster ne serαit-ce qu'un minuscule chαpitre, mαis je m'y αpplique. Je n'écris pαs n'importe quoi, je ne me dépêche pαs α terminer une suite pαrce que mes lectrices le réclαme. Je veux que tout soit pαrfαit. Une seule petite erreur pourrαit foutre cette fiction en l'αir, & j'y tiens beαucoup.
Angst, un peu wαffy, guimαuve ..
C'est difficile d'entrer dαns le monde de Tomαs, mαis peut-être que Bill y pαrviendrαs.
Je vous promet vrαiment une belle fiction.


# Posté le dimanche 09 mars 2008 15:39
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 10:57

Prologue - Mauvaise Conscience

Prologue - Mauvaise Conscience











Prologue

















Mon frère aurait pu être ce qu'il voulait. Il avait ses rêves, ses passions et ses désirs, comme tout le monde, sur cette terre. Son handicap ne l'a jamais empêché d'avancer dans le domaine de l'art. Pas besoin d'y comprendre grand-chose et d'être capable de se concentrer dans son cours pour comprendre l'art, il l'avait dans le sang depuis sa naissance. L'art, c'est la seule chose qu'il pouvait faire sans que son esprit s'égare. C'est en dessinant et en peignant qu'il me disait pouvoir s'exprimer, faire parler d'elles-mêmes ses émotions. Du coup, les murs de notre chambre étaient remplis de ses ½uvres. Il y en avait même quelque uns, un peu partout dans notre appartement.
Quand il a commencé à avoir des troubles d'attention, de concentration et qu'il prenait un temps fou à répondre à nos questions, nous croyions qu'il était seulement dans une passe de déprime, qu'il voulait être seul et que tout allait rentrer dans l'ordre en peu de temps.
Ensuite il a eu des troubles de mémoires, il avait de la difficulté à nous raconter des moments de sa journée, des choses importantes sur sa vie. C'est là qu'on a commencé à se poser des questions. Il n'arrivait même plus à se confier à moi, son frère jumeau.
Au début de nos 17 ans, je le voyais souvent parler seul, il me disait ensuite que quelqu'un lui proférait des insultes, des menaces. C'est à ce moment qu'on a vraiment commencer à s'inquiéter. On a d'abord cru que la cause de ses hallucinations était la drogue, mais le médecin nous a contredits en confirmant l'état mental de mon frère comme dérangé. Notamment schizophrène.
Toute la famille était atterrée. Lui, il s'était complètement coupé du monde. J'avais réussis à le ramener parmi nous peu à peu, même si je savais qu'il ne reviendrait jamais totalement de son petit univers. Lors de nos rapports sexuels, il voulait être complètement sur terre, pour qu'il soit conscient qu'il touche le septième ciel avec moi et qu'il puisse s'en souvenir quelques heures après l'acte.
Nous avions commencé notre relation à l'âge de 13 ans. Et encore à 17 ans, nous étions toujours aussi amoureux l'un de l'autre. Et c'est cette relation qu'il l'a mené à ça. C'est pour ça qu'il est là, de l'autre côté de cette vitre, allongé dans un lit d'hôpital, les draps blancs tachés de son sang, les dreads éparpillées sur l'oreiller maculée elle aussi de rouge. Mais malgré tout, il a encore son visage d'ange.
Et c'est cette relation qui fait qu'il se trouve maintenant entre la vie et la mort. Si Tom meurt, je mourrai aussi.

# Posté le dimanche 09 mars 2008 17:23
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 11:14

Mauvaise Conscience - 1

Mauvaise Conscience - 1












Chapitre 1
















Je remue lentement la mousse beige, un peu brunie, qui flotte sur la surface de ma boisson avec un petit bâton de plastique brun. Je porte le gobelet à ma bouche, pour faire couler la substance bouillante dans ma gorge. Je toussote un peu, dut au goût amer du café de cet hôpital et je le repousse un peu plus loin sur la table, pour laisser ma tête tomber lourdement dans mes mains. Avec mes doigts, je me masse agréablement les tempes, pour me détendre un peu. Je souffle, essayant vainement de relâcher un peu de pression. Une main hésitante se pose dans mon dos, le tapotant gentiment. Je relève la tête et vois ma mère, debout devant moi, les yeux rougit par les larmes. Je lui souris tristement, l'invitant à s'assoir avec moi. Elle dépose son sac à main devant moi et elle s'assoit sur la chaise à ma droite, ne prenant pas une seconde de plus pour me serrer dans ses bras. En entendant les sanglots qu'elle étouffe dans mes cheveux, je ne peux que fermer fortement les yeux, empêchant les larmes de couler sur mon visage. Je la serre aussi dans mes bras, lui caressant doucement les cheveux. Après quelques minutes, nous cassons notre étreinte, pour se regarder dans les yeux. Elle me fait un léger sourire, portant ses doigts à mon visage pour effacer les larmes qui ont coulées contre ma volonté.

- Ton frère va s'en sortir... Il est fort, hein...
- Oui, affirmai-je en baissant la tête.

Elle avance sa main à mon visage pour me relever la tête, me caressant la joue avec son pouce. Je baisse alors le regard, incapable de la regarder dans les yeux, ne voulant pas fondre en larme à nouveau.

- J'ai pu parler avec le médecin...
- Qu'est-ce qu'il a dit ?!, lui demandai-je en relevant vivement la tête.
- Pour l'instant rien n'est encore certain...
- Et pour le bébé...
- Il ne devrait pas y avoir de soucis pour le bébé, ne t'inquiète pas, dit-elle en terminant ma phrase.

Je soupire de soulagement. Qu'il perde notre enfant, est mon deuxième plus gros soucis, après lui. Il y a environ deux ans, quelques jours après notre anniversaire, Tom avait été prit de gros mots de ventre. Croyant que c'était banal, il ne s'en était pas préoccupé, endurant silencieusement la douleur. Mais seulement deux jours après, il était venu me voir, paniqué, en me disant qu'il saignait de la virilité. Je n'ai pas perdu une minute pour l'entraîner chez le médecin pour le faire ausculter. Mais n'ayant pas trouvé la cause, il l'avait envoyé chez le radiologiste, où il a passé une radiographie. Et le résultat de cette radio l'a fait tomber encore plus bas, démontrant clairement qu'il avait bel et bien tout les organes génitaux d'une fille. Il s'en est remit jour après jour, venant même jusqu'à l'oublier, ce qui était un de ses symptômes de schizophrénie. Il y a 5 mois, ce qui devait arriver arriva, il est tombé enceinte. Nos parents avaient déjà eu du mal à accepter notre relation, donc nous avons attendu le plus longtemps possible avant de leur annoncer sa grossesse. Ils l'ont évidemment prit assez mal, comprenons-les, mais ont fini par accepter ce fait.

- Tu voudrais aller le voir ?, me demande-t-elle, me sortant de mes pensées.
- Je peux ?
- Quand je suis descendue, l'opération d'urgence était presque terminée.
- Alors oui, je veux aller le voir.

Elle me sourit et me prend la main, m'aidant à me relever. Elle prend son sac à main sur son épaule et moi je prends mon café pour le jeter au passage, il est trop mauvais. Elle passe un bras qui se veut rassurant autour de mes épaules, pendant que nous nous dirigeons vers l'ascenseur. Elle appuie sur le bouton, qui nous fera monter à l'étage 2. L'ascension dure quelques secondes, puis les portes s'ouvrent à nouveau devant nous. Nous marchons jusqu'au bureau de la secrétaire, qui nous envoie à la chambre numéro 483. Ma mère s'apprête à ouvrir la porte, quand elle s'ouvre vivement devant nous. Un homme se tient devant, nous, dans l'encadrement de la porte.

- Oh désolé, je ne savais pas que vous étiez là, dit-il, un peu nerveux.
- Ce n'est pas grave, réplique ma mère. C'est bien la chambre de Tom Kaulitz ?
- Oh, vous êtes donc sa mère. L'opération s'est bien déroulée, affirme-t-il, m'enlevant un énorme poids sur le c½ur. Cependant, il est encore dans un lourd coma.

Mon stress revient d'un coup. Il semble l'avoir remarqué, puisqu'il me fait des yeux qui se veulent rassurants et calmes.

- Ne vous faites pas de soucis, à première vue, il va s'en sortir. Nous ignorons encore dans combien de temps il devrait sortir de son coma, mais vous pouvez avoir l'esprit tranquille.
- Nous pouvons aller le voir ?, demande ma mère.
- Oui, allez-y.

Il se pousse, nous laissant un espace pour entrer dans la chambre. Quand je franchis le seuil de la porte, il me prend délicatement l'épaule et je relève le regard vers lui.

- Tu peux lui parler, il va t'entendre, fait lui voir qu'il n'est pas seul. Et le bébé va très bien.
- Merci...

Il me sourit, puis il repart, nous laissant seul ma mère et moi avec le corps endormit de mon frère. Je m'avance vers lui d'un pas mal assuré. Ma mère tire une chaise près de son lit et elle s'assoit à ses côtés, lui prenant la main. Elle me sourit, pour m'inciter à venir plus près. Je me sens mal en le voyant comme ça, un bandage sur la tête, le visage un peu défigurer, ses nombreuses perfusions et les tubes qui passent par son nez. Je dois me dire que ce n'est pas de ma faute, ni la sienne. Seulement un mauvais coup que la vie nous a encore fait. Mais malgré tout, il est encore beau. Je m'avance au rythme de son c½ur, le « bip » incessant qui nous indique qu'il est toujours en vie. Je tire une chaise et la colle sur son lit, pour que je sois le plus près possible de mon ange, de mes anges. Je m'assois, hésitant à le toucher. Je regarde alors ma mère, qui le fixe, le regard triste, mais remplit d'espoir. Je pose alors ma première main sur son bras, et l'autre sur son ventre, pour le caresser.

- Coucou grand frère...


# Posté le dimanche 09 mars 2008 21:54
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 11:25

Mauvaise Conscience - 2

Mauvaise Conscience - 2













Chapitre 2














Je n'ai pas envie de retourner à l'école, pour la rentrée. Ce sera notre anniversaire dans une semaine et il n'est toujours pas réveillé. Cela fait deux semaines que je suis à son chevet et que je le regarde sommeiller. Mais pour lui, ce doit être tout autre chose. Il ne doit pas faire des rêves à l'eau de rose, loin de là. Il doit lutter, sans arrêt, pour faire le chemin inverse de ce tunnel sans pour, pour ne pas atteindre la lumière à l'autre bout. Il rame, il court et il force pour ne pas toucher ou ne serait-ce que de frôler la mort. Je lui parle sans arrêt, j'essaie de l'aider à revenir parmi nous. J'attends un petit geste de sa part. Qu'il ouvre les yeux, prononce mon nom, serre sa main dans la mienne. Le médecin m'a expliqué qu'il se pourrait qu'à son réveil il aille perdu la mémoire, m'aie complètement oublié à cause de sa commotion cérébrale. C'est ce qui me fait peur... J'entends ma mère s'avancer derrière moi, sa démarche est reconnaissable entre milles. Sa douce main se pose sur ma tête et elle me caresse les cheveux.

- Bonjour mon grand, me dit-elle en me déposant un baiser sur le front.

Je ne lui réponds rien, fixant toujours le vide qu'il y a devant moi, ne cessant de caresser le dos de la main à Tom avec mon pouce. Ma mère s'assoit devant moi, de l'autre côté du lit, me faisant revenir sur terre. Je la regarde prendre l'autre main de Tom et la porter à sa bouche pour l'embrasser, le regard toujours aussi triste.

- Coucou mon petit Tomas... souffle-t-elle doucement. Toujours pas décidé à sortir de tes rêves ?

Sa question reste bien sûr sans réponse.

- Maman, arrête de l'appeler Tomas, lui dis-je d'un ton suppliant. Il préfère « Tom », juste « Tom »...

Elle soupire, ne détachant pas pour autant son regard du magnifique visage de mon frère. Nous restons silencieux, comme à tous les jours où nous lui rendons visite. Le temps passe très lentement. Puis au bout d'une ou deux heures, ma mère se doit, comme toujours, de casser ce silence pour le moins désagréable.

- La rentrée dans une semaine Bill...
- Je sais, soupirai-je. Notre anniversaire aussi...
- Je comprends qu'il puisse te manquer... Autant comme frère jumeau que comme amant. Mais ne t'en fais pas, il ouvrira les yeux ou prononcera ton nom d'ici vos dix-huit ans...

Je souris à ma petite maman, qui a maintenant le regard emplit d'espoir. Doucement, mon regard glisse sur la petite montagne qui remplace le ventre plat de mon frère. Je tire la couverture bleu poudre vers le bas et passe ma main sous sa chemise d'hôpital, pour ne pas la remonter et laisser à découvert ses parties intimes. Je caresse tendrement sa peau laiteuse, un peu sale, puisqu'il ne peut malheureusement pas prendre de bain. J'arrive à sentir l'énergie du bébé, ce qui me rassure qu'il est toujours en vie qu'il va bien.

- Tu ne m'as toujours pas dit si c'était une fille ou un garçon, me lâche soudainement ma mère, me sortant de ma contemplation.
- Non... Nous préférons garder la surprise, dis-je simplement.

Elle ne trouve rien à redire. Je baisse les yeux sur lui. Oh que oui, il me manque ! Il pourrait rester dans ce coma toute sa vie et jamais, non jamais, je ne ferrais débrancher cette foutu machine qui aide à le tenir en vie. Il mourrait en même temps que moi. Nous sommes nés ensemble, nous mourrons ensemble. C'est aussi simple que ça. C'est dur de le voir sans un sourire collé aux lèvres, sans aucune expression sur son si joli visage. Ce sont ses blagues, ses manières de faire certaines choses que je veux revoir à tout prix. Je ne veux pas les oublier. De me dire qu'à son réveil il aura probablement oublié mon nom, mon visage, que je suis la personne qui compte le plus à ses yeux, ça me fait mal. Mais malgré tout, il y a encore une lueur d'espoir en moi qui me dit qu'il va très bien aller.

- Tu sais, tu ne pourras pas rester ici quand l'année scolaire commencera Bill...

Quoi ? Le laisser seul ici ? Il n'en est pas question.

- Non, lui répondis-je simplement. Hors de question que j'y aille sans lui.
- Mon chéri... Nous devons parler de certaines choses.

Mon Dieu. La pire chose qu'une mère puisse nous dire, c'est ça. Je soupire d'énervement, puis je relève la tête vers elle pour plonger mon regard dans le sien.

- Quoi ?

Elle me fait un sourire à moitié rassurant, à moitié anxieux, tandis que moi, je reste interdit.

- Ton père et moi... Nous nous sommes dit que ce serait mieux si Tomas et toi reviendriez vivre à la maison.

Je ne prends pas la peine de réfléchir pour lui répondre.

- Non, jamais.
- Mais Bill..., insiste-elle.
- Maman, nous allons avoir dix-huit ans. Nous avons justement l'âge de partir de la maison. Et arrête de l'appeler « To-maaas » !
- Eh bien ce serait mieux pour Tomas, dit-elle en forçant bien le prénom de mon frère, s'il revenait à la maison. S'il perd la mémoire...
- Justement non, la coupai-je. Dans notre appartement, il y a ses dessins, ses peintures, toutes ses émotions, ses pensées... Il y a lui au grand complet... Si tu l'envoie dans une grande pièce vide, blanche, je ne crois pas qu'il retrouvera qui il est.

Nous nous défions du regard. Elle veut vraiment qu'il retourne à la maison, elle va tout faire pour. Mais moi, je veux qu'il reste à l'appartement. Ce n'est pas en l'installant dans un endroit qu'il ne reconnaîtra même pas qu'il pourra retrouver ne serait-ce qu'un minuscule bout de mémoire. Tandis que s'il reste avec moi, juste en mettant le pied dans notre chambre, il se verra lui, partout sur les murs, même au plafond. Je m'avance vers lui et je pose mes lèvres sur les siennes quelques secondes. Je me retire et lui dépose un autre léger baiser, pour ensuite adresser un dernier regard à ma mère et sortir de la chambre.

Une semaine plus tard.

La rentrée aujourd'hui. Vraiment pas envie. Et demain notre anniversaire. J'ouvre les yeux et je soupire en voyant ses dessins sur le mur d'en face. Je me retourne pour ne plus les voir mais je me retrouve face à face avec un portrait de nous deux, s'embrassant passionnément. Les larmes me montent aux yeux, alors je me lève pour sortir la chambre avant de me mettre à pleurer comme un con. Je vais à la salle de bain, la tête baissée pour ne pas regarder les murs et je m'y enferme. J'allume la radio, il faut un peu d'ambiance quand même pour prendre une douche et je me déshabille doucement devant le miroir. Je regarde mon reflet, celui de mon frère. Sans vouloir paraître modeste, je suis beau. Nous sommes magnifiques. J'aime quand nous nous regardons ensemble dans le miroir, nus. Nous sommes tellement identiques. Bref. J'attache mes cheveux vers le haut pour ne pas les mouiller en j'entre dans la douche. Épargnons les détails les plus intéressants, après dix minutes j'en ressort, tout beau tout propre. Je noue une serviette autour de ma taille et je retourne dans la chambre pour m'habiller. Toujours la tête baissée j'ouvre l'armoire pour trouver du linge. C'est la partie la plus dure de la matinée. En plus c'est la rentrée. Je déteste me préparer sans lui. Il n'est pas là pour me dire ce qui m'irait le mieux. J'avoue que tout de même il n'y serait pas allé avec moi, puisqu'à presque six mois de grossesse il ne doit pas aller à l'école. Mais ça, je m'en fou. Il serait au moins là le soir quand je rentrerais et nous écouterions la télévision ensemble, collés l'un sur l'autre. Je m'égare... On va faire simple aujourd'hui : Pantalon noir, tee-shirt rouge et veste en coton lignée noir et blanche. Je n'ai pas envie de mettre des bijoux, donc je mets seulement le bracelet en or que Tom m'a offert pour nos dix-sept ans. Il est magnifique. Je retourne dans la salle de bain pour me lisser les cheveux et me bourrer la figure de fond de teint. J'entoure mes yeux avec mon crayon noir et j'ai terminé. Bon, ce n'est pas flagrant. De toute façon, ça ne sert à rien d'être beau si la personne que vous aimez ne peut pas vous voir et vous dire à quel point elle vous trouve splendide, hein ?

Je vais dans la cuisine pour attraper un truc vite fait à manger et je prends mes clés pour sortir de l'appartement. Je sors mon iPod, je l'allume et sors mes écouteurs, pour marcher jusqu'au coin de bus. Je baisse les yeux sur mes pieds et je m'amuse avec les petits gravillons. J'en envoie quelque uns dans la coulée et d'autres plus gros en plein milieu de la rue. Ce n'est pas amusant passer sur des gros cailloux en voiture. Mais moi, je n'en ai rien à faire, ce n'est pas moi qui vais passer dessus. Une main m'arrache soudainement un écouteur. Même pas besoin de relever la tête pour savoir c'est qui.

- Salut And'...
- Bon matin Billou !

Toujours trop joyeux celui-là. Je relève la tête pour lui sourire un peu. Il m'ouvre ses bras et je m'avance pour lui faire un câlin. J'arrive pour me retirer de ses bras après quelques secondes mais il me ressert.

- Un deuxième pour Tom, dit-il gentiment.

Je me laisse alors serrer plus fortement dans ses bras. Je l'adore, il est notre meilleur ami. Il est toujours là pour nous remonter le moral. Je sors enfin de ses bras, au moment où le bus se pointe. Nous grimpons dedans et nous nous rendons au fond. Il s'assoit avec moi alors je range mon iPod dans ma poche. Je sais qu'il veut me parler de Tom. Seulement... il n'ose pas. Alors je vais le faire pour lui.

- Il ne s'est toujours pas réveillé...
- Oui, je m'en doutais, dit-il avec une pointe de gêne dans la voix. Tu vas y retourner demain ?
- Oui... Tu veux venir ?
- Si ça ne dérange pas trop... J'aimerais lui souhaiter un joyeux anniversaire même s'il... dort encore...

Je me retourne pour lui sourire. Ça me fera un peu de compagnie. Avec lui, je ne serai certainement pas triste. Nous arrivons malheureusement à l'école. Il y a déjà tout un troupeau devant le gymnasium. Je descends avec Andréas et nous nous dirigeons vers les autres. Je m'accroche à son bras, sinon je risquerais de me perdre dans la foule. Finalement, les gens réussissent à entrer. Nous les laissons tous passer et nous entrons les derniers. Nous prenons place au milieu du gymnasium, pour faire subtile. Le directeur monte sur la scène et commence à faire son charabia habituel. Jamais intéressant. Il nomme tous les groupes, gardant les terminaux pour la fin.

- Maintenant, le groupe de mesure d'appui de terminal, annonce-t-il avec son micro, qui nous scille dans les oreilles.

C'est le groupe de mon frère. Non, il ne l'a pas nommé, mais je sais qu'il y est quand même. Ça fait déjà deux ans qu'il y est. Ils disent que c'est un groupe de mesure d'appui, pour les gens qui ont de la difficulté, mais en vrai ils utilisent ce terme pour ne pas dire « attardés mentaux ». Et ça me fait chier. Il n'est pas attardé, juste schizo. Il devrait avoir le droit d'être dans un groupe normal, comme le mien. Quand enfin le directeur nomme son nom, il ne remarque même pas que « Tomas Kaulitz » en question ne se rend pas jusqu'à la scène et il passe machinalement à un autre élève. Enfin dix minutes plus tard, je suis nommé, dans le même groupe qu'Andréas. Nous partons avec notre groupe jusqu'à notre classe principale, où nos livres, nos agendas, nos horaires et nos numéros de casiers nous sont donnés. Je laisse tout ce bordel dans mon casier et je repars directement avec Andréas et sa mère. Je n'ai pas envie de prendre le bus à nouveau. Et pas envie non plus de passer la soirée seul...

- Euh... And', tu n'aurais pas envie de venir dormir chez moi ? Comme ça... Je n'aurais pas besoin de t'attendre demain matin pour partir...
- Ouais, pourquoi pas. Maman, je peux ?
- Bien sûr mon chéri.

Je souris, heureux. Cette nuit je ne serai pas seul. Depuis que mon frère est là-bas, je ne dors pas vraiment. Seulement deux heures par nuit, ce n'est vraiment pas beaucoup. Sa mère nous dépose chez moi, après lui avoir embrassée la joue une dizaine de fois. Je rigole et l'entraîne à l'intérieur. Il referme la porte derrière lui, essayant d'effacer la marque de rouge à lèvre que sa mère lui a laissé.

La soirée s'est vite passée. Il a passé son temps à me faire rigoler, pour que je pense à autre chose qu'à demain. Nous avons mangé de la pizza, écouté un film d'horreur, j'ai flippé comme toujours, il m'a laissé me confier un peu à lui. Une petite soirée de gars en fait. Maintenant, dernière étape. Entrer dans la chambre sans baisser les yeux. Je le laisse entrer en premier et je referme derrière moi. Il allume la lumière et saute sur le lit, s'y laissant choir en grande étoile.

- Ça te dérange de dormir avec moi ?, lui demandai-je doucement.
- Mais non, tant que tu ne me fasses pas de charme.

Je rigole et m'avance pour attraper mon oreiller et lui balancer sur la gueule. Il ne revient pas à la charge, c'est mieux comme ça. Nous nous mettons en boxer et nous couchons directement. Après quelques minutes, je l'entends déjà ronfler. C'est la seule chose que je déteste chez lui. Quand il dort, il dort dur, il ronfle et il nous donne des tapes sur la gueule quand il se retourne. Je vais essayer d'y survivre.

2 heures plus tard.

Finalement, je ne survivrai pas. Je me lève, je l'enjambe et me rends dans la cuisine pour avaler un truc. J'en profite pour regarder l'heure. 1h23 du matin. Pas si pire. Il me reste environ six ou sept heures de nuit nocturne. Je fouille dans le frigo, à la recherche de nourriture comestible et je tombe sur le concombre de Tom. Je rigole en me remémorant mon ange se bourrer de concombre chaud. Le téléphone me sort de ma rêverie. Je grogne et je replace le concombre de Tom pour me rendre à cet appareil diabolique.

- Allo ? dis-je d'un ton un peu agressif.
- Bill, ton frère s'est réveillé.


# Posté le samedi 15 mars 2008 18:18
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 11:24

Mauvaise Conscience - 3

Mauvaise Conscience - 3













Chapitre 3














Mes pas résonnent dans le couloir, vide à cette heure. Andréas court derrière moi, encore un peu endormit. Il me rejoint enfin, me tirant sur le bras pour me faire ralentir un peu. Je m'arrête et le regarde en soupirant d'énervement. Il fait la moue et nous pouvons reprendre notre marche. Je le tiens par la manche de sa veste pour le faire avancer plus vite. Enfin devant l'ascenseur, j'appuie sur le bouton des milliards de fois pour que les portes s'ouvrent. Mon v½ux enfin exaucé, elles s'ouvrent et limite je lance Andréas dans l'ascenseur. J'appuie encore des milliards de fois, cette-fois sur le bouton numéro deux, pour le faire monter. Trente secondes plus tard, les portes s'ouvrent à nouveau devant nous et je reprends la manche d'Andy pour le traîner jusqu'à la chambre de mon frère. Ma mère se tient devant la porte, nous empêchant d'entrer. Je la pousse gentiment pour ouvrir la porte mais elle me retient par l'épaule.

- Maman, je veux le voir au plus vite...
- Attend Bill, je dois te dire quelque chose.

Je laisse mon corps se détendre un peu pour que ma mère me lâche l'épaule. Je la regarde, très impatient. Elle passe un mouchoir sous son nez pour la dixième fois depuis quelques secondes.

- Oui ?
- Tomas est... terrifié...
- Quoi ? Comment ça, terrifié ?, m'énervai-je.
- Il... Il ne sait plus qui il est... il a... Il ne m'a même pas reconnue...

Elle fond en larmes et se jette dans mes bras. Je laisse aussi échapper quelques larmes. Alors c'est vrai... Il a vraiment perdu la mémoire. Ma pire crainte. Une main rassurante se pose sur mon épaule, celle d'Andréas. Tom m'a donc oublié. Il a réussit à oublier son frère jumeau, son amant, le père de son enfant. Ça me fait mal... Son enfant... Oh mon Dieu, son ventre, ce doit être pour ça qu'il est terrifié. Ma mère casse notre étreinte, mais garde ses bras autour de ma taille. Je pose mes mains sur ses joues et avec mes doigts, j'efface ses larmes.

- Le médecin m'a dit... que... Il m'a dit qu'il ne fallait rien lui dire...
- Comment ça, ne rien lui dire ?
- Tout ce que tu peux lui dire... C'est que tu es son frère, m'annonce-t-elle, baissant les yeux.
- Quoi ? Mais... Le bébé ?! Je ne vais pas lui faire croire que c'est Andréas qu'il l'a mit enceinte, lui dis-je, complètement désespéré.
- Non... Tu dois le laisser se souvenir...

Je baisse les yeux, laissant mes larmes couler silencieusement. Je ne veux pas lui dire que je suis simplement son frère. S'il faut lui laisser le temps de se souvenir, ça lui en laisse énormément pour tomber amoureux de quelqu'un d'autre, qui sait. Et ça c'est mon pire cauchemar. Lui dire que je suis son jumeau, sans rien ajouter de plus... Je ne pourrai même pas l'embrasser, lui dire que je l'aime. Il ne me laisserait probablement pas m'approcher de lui. Soudainement, la porte s'ouvre. Nous tournons tous la tête vers le médecin.

- Bonsoir Bill, dit-il très doucement. Ta mère t'a expliqué ?
- Oui...
- Bien. Pendant que tu étais en route, nous avons eu le temps de discuter avec lui et j'ai cru remarquer qu'il a de la difficulté à nous comprendre. Pas qu'il ne comprendrait pas notre langue mais plutôt qu'il entend mal... Ce doit être dû à la commotion cérébrale, l'ouïe doit avoir été touchée. Mais rien de grave, affirme-t-il, tout ça se replacera avec le temps. Il ne se laisse approcher que par votre mère, personne d'autre. Il est très terrifié, vous aller rester calme, ton ami et toi ?

J'hoche la tête en guise de réponse. Il se pousse sur le côté pour nous laisser entrer. Ma mère passe en premier, puis je la suis, Andréas derrière moi. Je lève la tête et je le vois, assit en tailleur sur son lit. Il a la tête tournée vers la fenêtre et il regarde la nuit. Mes pleurs s'intensifient, mais restent silencieux. Il est bel et bien réveillé, devant moi, mais je ne peux pas le toucher, je ne dois pas le brusquer. Il est de profil, mais il est beau, plus qu'avant son coma, je trouve. Il y a deux heures, il a vieillit. Nous avons vieillit d'un an. De le voir bouger, ce doit être mon cadeau d'anniversaire. Nous l'entendons murmurer, il se parle, ou bien il parle avec une personne que lui seul peut voir. Andréas et moi avons arrêté de marcher. Ma mère s'avance vers lui.

- Tomas, siffle-t-elle, d'une voix à peine audible, qu'il a entendu malgré son problème d'ouïe.

Il arrête de marmonner sur le champ et il se fige, surement trop apeuré.

- C'est maman, le rassure-t-elle.

Au moment où il tourne la tête, j'attrape le poignet d'Andréas pour le serrer entre mes doigts. Mon jumeau commence à paniquer. En nous voyant, il ouvre la bouche et se recule dans son lit. Ma mère se rend rapidement vers lui pour se pencher sur lui et le prendre dans ses bras. Il s'y engouffre et lui murmure des choses à l'oreille, que je ne peux malheureusement pas entendre, et il ferme fortement les yeux. J'ai envie d'aller le serrer à la place de ma mère, l'embrasser et le rassurer. Mais c'est impossible, je le sais bien. Après deux minutes, ma mère s'éloigne un peu de lui pour poser sa main sur sa petite joue rose. Andréas se rapproche de moi pour me murmurer quelque chose à l'oreille.

- Je vais attendre dans le couloir.

Je lui réponds d'un hochement de tête et le serre dans mes bras. Je lui glisse un petit « merci » à l'oreille et il me répond d'une petite tape amicale dans le dos. Je desserre mes bras pour le laisser partir et je me retourne vers ma mère et mon frère. Quand Andréas ferme la porte, Tom ouvre les yeux, intrigué par le bruit. Il à l'air plus calme, moins stresser du fait qu'il y ait une personne en moins dans la pièce. Mais je ne sais pas quoi faire. J'hésite à m'avancer...

- Tomas, je voudrais te présenter cette personne, lui dit ma mère d'un ton calme, mais quand même assez fort pour qu'il entende bien. Tu veux bien ?

Il semble beaucoup hésiter. Puis il finit par faire « oui » de la tête. Ma mère me sourit, m'incitant à avancer un peu, ce que je fais, un peu trop brusquement puisqu'il se recule encore dans son lit, l'air paniqué et terrifié. Je m'excuse à ma mère, alors qu'elle reprend Tom dans ses bras.

- Ce n'est rien. Vient doucement, me dit-elle.

J'avance donc très doucement jusqu'à eux. Ma mère le dé agrippe de son dos pour qu'il puisse me regarder. Je le regarde dans les yeux. Lui, il est nerveux, il a peur.

- Salut Tomas, lui dis-je le plus doucement possible.

Il a peur de me répondre, sa lèvre inférieure tremble.

- Sa... Salut, finit-il par dire, extrêmement gêné.

Ça me fait sourire. Pour la première fois en presqu'un mois sa voix résonne à mon oreille.

- Je m'appelle Bill.
- Tomas, souffle-t-il d'une petite voix.

Il est vraiment trop mignon. Son regard est plus calme, plus serein, il me regarde dans les yeux et quand j'ouvre la bouche il tend un tout petit peu l'oreille pour entendre ce que je m'apprête à lui dire.

- Je peux m'asseoir près de toi ?

Il hésite puis consulte ma mère du regard pour m'autoriser à m'assoir sur le lit.

- Tomas, je peux te laisser seul avec Bill ?, demande ma mère.
- Maman, lâche-t-il d'une voix effrayée.
- Ne t'inquiète pas mon grand, je serai de l'autre côté de la porte.

Elle ne le laisse pas répliquer, elle se lève puis l'embrasse sur le front pour ensuite sortir de la chambre. Je me retrouve seul avec lui. Je lui souris et lui me regarde, inquiet.

- Qui es-tu ?

La question que je redoutais tant. Comment dois-je lui dire ? Ses yeux commencent à reflété de l'affolement. Je dois lui dire au plus avant qu'il ne pète un câble.

- Tomas, je suis ton frère jumeau.

Il ne dit rien, il reste silencieux, son regard toujours planté dans le mien. Je baisse les yeux, incapable de le soutenir plus longtemps. Je l'entends balbutier des choses incompréhensibles. Quand je remonte la tête, je vois son regard s'emplir de larmes. Qu'est-ce que je dois faire ? Je le serre dans mes bras ? Non, il va me repousser, me jeter violement sur le sol. D'habitude, quand il pleure, je n'hésite pas une seconde à le serrer. Mais là... Je ne sais pas... Je ne connais pas ses limites. Me fait-il assez confiance pour que je me rapproche encore plus de lui ? J'avance donc lentement ma main vers son visage, très lentement, et voyant qu'il ne bronche pas, je touche sa joue du bout des doigts. Il frissonne légèrement. De peur, de bonheur, de faiblesse ? Je ne sais pas. Je pose donc entièrement mes doigts sur sa joue droite et essuie les larmes qui y avaient coulées.

- Attention... Bill...

Son regard fixe le vide, derrière moi. Je me retourne pour voir, mais rien. Ah si, lui voit quelque chose. Ses yeux plongent soudainement dans les miens pour me lancer des regards affolés. Je retire subitement mes doigts de sa joue pour récupérer ma main.

- Chut, Bill...

Je dois avouer que là, je ne comprends pas. C'est la première fois qu'il me mêle à son imagination. Il doit se calmer. Quand il panique, il peut devenir graver et péter complètement les plombs.

- Tomas, arrête, calme-toi... C'est ton imagination...

Il se met à pleurer de plus belle, toujours sans bruit. Il se recroqueville sur son oreiller et me regarde dans les yeux.

- Où ça ? demande-t-il. Quoi, c'est qui, Tomas ? Toi, moi, je suis qui ? Pourquoi j'ai ça ?!
- Ça, quoi ?

J'essaie de retenir mes larmes. Cette scène me rend affreusement triste.

- Ça ! me cri-t-il en appuyant sur son ventre.

Je n'en peux plus. C'est trop. Tout ça, je ne suis pas capable. Je me lève, éclatant en sanglots et je cours jusqu'à la porte. Dès que je l'ouvre, Andréas apparait. Je me jette dans ses bras et je pleure, je mouille son épaule avec mes larmes. Ma mère se précipite dans la chambre, où mon frère cri, pour essayer de le calmer. Incapable, elle hurle pour l'aide d'un médecin. Je regarde cette scène d'horreur du coin de l'½il se dérouler devant moi. Mon frère jumeau, mon amant, mon bel ange se fait attacher les poignets et les chevilles au lit pour qu'il cesse de gigoter. Il pleure, cri, on lit la détresse dans ses yeux. Andréas m'enfouit la tête sur son épaule pour que je cesse de regarder ce spectacle horrifiant. J'ai perdu Tomas...

# Posté le samedi 22 mars 2008 18:53
Modifié le dimanche 07 septembre 2008 11:24